Dans un monde vivant avec les contrecoups de la COVID, les Canadiens ont espoir que l’industrie du transport maritime pourra aider à rebâtir l’économie, tout en maintenant un équilibre avec la protection de l’environnement

Dans un monde vivant avec les contrecoups de la COVID, les Canadiens ont espoir que l’industrie du transport maritime pourra aider à rebâtir l’économie, tout en maintenant un équilibre avec la protection de l’environnement

Les Canadiens sont encore favorables au secteur du transport maritime; quatre répondants sur cinq ont une opinion positive de cette industrie


Le 30 novembre 2020 – Les liens entre les différentes régions du globe ont été beaucoup plus remarqués cette année, alors que la pandémie de COVID-19 a mis à rude épreuve les réseaux commerciaux et le transport de marchandises. En effet, cette année, sept Canadiens sur dix déclarent en avoir appris davantage à propos de la chaîne d’approvisionnement, alors qu’ils ont dû faire face à des pénuries de médicaments, d’équipement de protection individuelle, de désinfectant pour les mains et même de biens ménagers comme le papier hygiénique.

Une nouvelle étude réalisée par l’Institut Angus Reid en collaboration avec le Centre pour le transport maritime responsable Clear Seas se penche sur l’avenir de l’industrie maritime canadienne. Elle révèle que les Canadiens ont espoir que l’industrie du transport maritime jouera un rôle important dans la relance économique de l’après pandémie, tout en continuant de faire des progrès dans le domaine de la protection environnementale. Pour deux Canadiens sur cinq, l’aspect économique de la situation est primordial, alors que le quart d’entre eux (23 %) estiment que l’aspect environnemental est essentiel. La plupart des Canadiens, soit 37 pour cent, ont une opinion qui se situe entre ces deux affirmations et croient qu’un équilibre entre l’aspect économique et environnemental serait l’idéal.

L’industrie du transport maritime entame une nouvelle année qui sera sans doute parsemée de défis, mais elle reçoit un appui positif de la plupart des Canadiens. Suivant la tendance des cinq dernières années, quatre répondants sur cinq déclarent avoir une opinion favorable du transport maritime. En outre, plus de la moitié (54 %) estiment que cette industrie a vu son importance croître au cours des 15-20 dernières années.

Autres conclusions notables :

  • Une très grande majorité de Canadiens (92 %) continuent de croire que l’industrie du transport maritime est soit « très sécuritaire » (25 %) ou « généralement sécuritaire » (67 %).
  • La confiance de la population face à la sécurité du transport de produits pétroliers par navire semble toutefois diminuer; 45 pour cent des Canadiens expriment de l’inquiétude à ce sujet, ce qui représente une hausse de six points de pourcentage par rapport à 2018.
  • Les jeunes Canadiens ont tendance à privilégier la protection environnementale plutôt que la croissance économique, lorsqu’il est question de transport maritime. Les Canadiens de 35 ans et plus ont tendance à privilégier l’aspect économique.
  • Lorsqu’on leur demande d’estimer la proportion de biens qu’ils utilisent tous les jours provenant du commerce maritime, la moitié des Canadiens sous-estiment la quantité réelle.
  • La plupart des Canadiens font encore confiance aux lois et à la réglementation qui régissent la sécurité du transport maritime au Canada. Sept répondants sur dix affirment cela aujourd’hui, un pourcentage qui demeure relativement stable depuis 2016.

À propos de l’Institut Angus Reid

L’Institut Angus Reid (ARI) a été fondé en octobre 2014 par le Dr. Angus Reid, enquêteur et sociologue. ARI est une fondation de recherche nationale sur l’opinion publique sans but lucratif et non partisane, créée afin de faire progresser l’éducation par la commission, la réalisation et la diffusion de données statistiques impartiales et accessibles au public sur des sujets tels que l’économie, les sciences politiques, la philanthropie, l’administration publique, les affaires domestiques et internationales, ainsi que d’autres enjeux socioéconomiques importants au Canada et à sa population.

INDEX :

1ère partie : Les impressions générales envers le transport maritime au Canada

  • Quatre individus sur cinq ont une opinion favorable de l’industrie

  • La perception de son importance demeure assez stable

  • La conscience de la portée de l’industrie

2e partie : Les perceptions du public quant à la sûreté du transport maritime

  • Une très grande majorité de Canadiens croient que le transport maritime est sécuritaire

  • Le risque de déversement se retrouve en tête des préoccupations liées à la sécurité

  • Les Canadiens sont divisés quant à la sécurité du transport de produits pétroliers dans les eaux domestiques

    • Degrés de soutien variés, dépendamment des cas

  • La contribution économique par rapport aux risques environnementaux

    • L’impact de la COVID-19

3e partie : La perception du public quant à la réglementation maritime et sa supervision

  • Les autorités de réglementation tenues en bonne estime, mais la moitié des répondants croient qu’elles pourraient en faire davantage

4e partie : L’indice de confiance sur le transport maritime

  • Qui appartient à chaque groupe?

  • Notes concernant la méthodologie

1ère partie : Les impressions générales envers le transport maritime au Canada

Quatre individus sur cinq ont une opinion favorable de l’industrie

La pandémie de COVID-19 a permis d’examiner de près les chaînes d’approvisionnement du Canada. Puisque les frontières ont été fermées et que des restrictions de voyage ont été mises en place, la fiabilité du transport des biens a été d’une importance capitale afin de maintenir la stabilité du pays. Le transport maritime joue un rôle clé dans le bon fonctionnement de cette opération et les Canadiens manifestent visiblement une opinion positive de cette industrie. Comme par le passé, les résidents de la Colombie-Britannique ont une opinion légèrement moins favorable que ceux du reste du Canada, mais les trois quarts (75 %) ont tout de même une opinion positive.

La perception de l’importance du transport maritime demeure assez stable

Dans le prolongement de la tendance observée en 2018 par l’Institut Angus Reid, la moitié des Canadiens estiment que l’industrie a gagné en importance au cours des 15-20 dernières années. Un répondant sur trois (32 %) déclare que sa pertinence est restée la même, tandis qu’une faible minorité de tout juste 14 pour cent estime que le rôle de l’industrie maritime au sein du Canada a diminué.

À titre de référence, les données de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement indiquent que le volume global du commerce maritime a augmenté de 2,7 pour cent en 2018 (données les plus récentes disponibles). Bien que ce rapport ait prévu une croissance annuelle moyenne de 3,4 pour cent au sein de l’industrie de 2019 à 2024, il est intéressant de constater que le taux d’arrivée de navires porte-conteneurs est tombé en deçà du niveau de 2019 à la mi-mars, en raison de la pandémie, mais qu’il est depuis revenu à la normale. L’expédition de marchandises en vrac, comme les céréales, a atteint des niveaux inégalés en 2020.

* Veuillez vous référer au questionnaire pour le texte intégral de la question

Les perceptions à savoir si l’importance du transport maritime a augmenté ou diminué au Canada varient quelque peu selon les régions où se trouvent les répondants. Près des deux tiers des résidents de la Colombie-Britannique (63 %) estiment que son importance a augmenté, alors que seulement la moitié (49 %) des Ontariens partagent ce point de vue.

* Veuillez vous référer au questionnaire pour le texte intégral de la question

L’industrie canadienne du transport maritime est perçue comme étant importante pour diverses raisons. Une nette majorité de répondants sont d’accord que l’industrie est indispensable pour l’économie du pays, les communautés côtières et l’accès aux marchés étrangers. Mais, surtout, elle est selon eux d’une importance critique lorsqu’il est question d’exporter des marchandises canadiennes à l’étranger.

À l’échelle locale, un peu moins de trois répondants sur dix (28 %) affirment que le transport maritime est important pour leur communauté, tandis que la moitié croient qu’il est important pour l’économie de leur province. Ces résultats diffèrent considérablement de province en province. En effet, les trois quarts des résidents de la Colombie-Britannique et de la région de l’Atlantique déclarent que le transport maritime est d’une importance capitale pour l’économie de leur province. En revanche, seulement quatre résidents de l’Ontario sur dix (39 %) tiennent le même discours.

Lorsqu’ils devaient évaluer l’importance du transport maritime dans leur vie quotidienne, les répondants y voyaient moins de pertinence. Seulement un répondant sur cinq (22 %) croit que le transport maritime est très important ou d’une importance capitale, bien que cette proportion augmente dans les régions côtières :

La conscience de la portée de l’industrie

Bien que le transport maritime joue un rôle important au sein du commerce international et de différentes économies à l’échelle mondiale, ce n’est pas une activité à laquelle les Canadiens portent une attention particulière. Cependant, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement en lien avec la pandémie, qui ont entraîné des fluctuations de prix et des pénuries de biens allant du papier hygiénique aux médicaments, ont permis de rappeler à la population les systèmes en place, comme l’industrie du transport maritime, qui agissent en arrière-plan et permettent un style de vie moderne. Sept répondants sur dix (69 %) ont exprimé que la pandémie de COVID-19 a eu pour effet d’augmenter leur niveau de conscience par rapport à la manière dont les produits de consommation sont transportés à l’échelle mondiale.

Même si plusieurs individus en ont appris davantage sur les chaînes d’approvisionnement, le niveau de familiarité avec l’industrie du transport maritime demeure quand même faible au sein de la population. Lorsqu’on leur demande d’estimer la proportion de biens qu’ils utilisent tous les jours provenant du commerce maritime, la moitié des Canadiens estiment qu’il s’agit de la moitié ou moins de ces biens. Cela semble une sous-estimation, considérant que plus de 80 pour cent des biens échangés sur le marché mondial sont acheminés par l’intermédiaire du transport maritime à un moment ou à un autre.

2e partie : Les perceptions du public quant à la sûreté du transport maritime

Une très grande majorité de Canadiens croient que le transport maritime est sécuritaire

Les Canadiens continuent de chanter les louanges de l’industrie du transport maritime lorsqu’il est question de sécurité. Au cours des cinq dernières années, la proportion de ceux déclarant que les activités de l’industrie sont habituellement sûres ou très sûres dépasse neuf répondants sur dix :

Les déversements au premier rang des préoccupations liées à la sécurité maritime

Lorsqu’on leur demande d’identifier les risques et les dangers liés à la sécurité suscitant le plus d’inquiétudes, plus de la moitié des répondants citent la possibilité de déversements de pétrole. La menace sur la vie marine, la pollution et la gestion des déchets sont également en tête des préoccupations.

L’inquiétude face à certains enjeux varie selon l’âge. Par exemple, les répondants âgés entre 18 et 34 ans sont deux fois plus enclins que les Canadiens plus âgés à identifier les émissions de gaz à effet de serre comme faisant partie des risques les plus préoccupants (consultez les tableaux détaillés).

Les Canadiens sont divisés quant à la sécurité du transport maritime de produits pétroliers dans les eaux domestiques

Bien que plus de la moitié des Canadiens aient plus de confiance que d’inquiétude face à la sécurité du transport maritime de produits pétroliers, ceux étant préoccupés par la question (45 %) constituent une minorité non négligeable. La nombre de répondants préoccupés par le transport de produits pétroliers dans les eaux canadiennes a augmenté de 6 points de pourcentage depuis 2018.

L’Alberta, riche en pétrole, se démarque comme la province ayant le plus confiance en la sûreté du transport de produits pétroliers par navire. Dans cette région, on constate que trois fois plus d’Albertains expriment leur confiance (75 %) que leur inquiétude (25 %) à ce sujet. La confiance des Canadiens de la région de l’Atlantique est d’une importance particulière, puisqu’environ 85 pour cent des mouvements de pétroliers dans les eaux canadiennes ont lieu le long de la côte atlantique. Dans cette région, trois Canadiens sur cinq (60 %) affirment avoir confiance en l’industrie maritime pour le transport sécuritaire des produits pétroliers, tandis que deux sur cinq (40 %) expriment des inquiétudes :

Degrés de soutien variés, dépendamment des cas

La différence d’opinion marquée entre les différentes régions du Canada est particulièrement observable lorsqu’on demande aux répondants d’évaluer différentes propositions liées au transport maritime. Par exemple, les résidents de l’Alberta et de la Saskatchewan sont extrêmement favorables au transport de gaz naturel liquéfié dans les eaux canadiennes, tandis que les Québécois ont tendance à s’y opposer. On peut noter une division similaire lorsqu’il est question de l’augmentation du trafic de pétroliers sur la côte de la Colombie-Britannique. Seulement 39 pour cent des Britanno-Colombiens seraient en faveur d’une telle proposition, tandis que presque deux fois plus d’Albertains (75 %) voient cela positivement :

La contribution économique par rapport aux risques environnementaux

Lorsqu’on leur demande d’évaluer le poids du facteur économique tout en tenant compte des risques environnementaux, la plupart des répondants perçoivent un certain besoin d’équilibre entre les deux. La moitié des Canadiens (47 %) estiment qu’on devrait considérer chaque priorité de manière égale, alors que seulement 22 pour cent affirment qu’un de ces deux aspects l’emporte sur l’autre. Parmi ceux-ci, 13 pour cent favorisent uniquement l’aspect économique et neuf pour cent seulement l’aspect environnemental.

Bien que ces tendances n’indiquent pas un changement énorme dans la manière dont les Canadiens évaluent ces deux aspects, il semble y avoir deux changements qui s’opèrent progressivement depuis 2016. Dans un premier temps, l’aspect environnemental de cette équation est plus souvent cité : 25 pour cent des répondants voient cet aspect comme étant au moins un peu plus important que le facteur économique, une augmentation de 11 points par rapport au 14 % obtenu en 2016 (lorsqu’au moins le double de ce nombre penchait en faveur de l’économie). Ces résultats reflètent la hausse de priorité que l’on a pu observer chez les Canadiens au cours de cette même période par rapport à l’enjeu du changement climatique.

Dans un deuxième temps, ce débat est plus polarisant aujourd’hui qu’il ne l’était en 2016. On peut observer une augmentation des deux côtés, soit du nombre de répondants qui déclarent que la contribution économique est beaucoup plus importante que les risques environnementaux et de ceux qui affirment le contraire. Le pourcentage de répondants qui optent pour un équilibre entre l’aspect économique et environnemental est passé de 55 pour cent, en 2016, à 47 pour cent cette année.

Pour mettre les choses en perspective, il est intéressant d’examiner la question en comparant ces mêmes propositions dans différentes industries. Les Canadiens sont particulièrement enclins à accorder une plus grande importance aux risques environnementaux dans le secteur du pétrole, le seul domaine dans lequel l’économie est moins importante pour les répondants :

L’impact de la COVID-19

Examiner l’équilibre entre l’économie et l’environnement dans le cadre du rétablissement collectif de l’après pandémie peut changer la perspective de certains. Dans ce contexte, l’opinion bascule en faveur de la relance économique. Lorsque le monde commence à se remettre de la pandémie et des perturbations causées par celle-ci, l’aspect économique du transport maritime l’emporte sur le facteur environnemental dans une proportion atteignant presque deux répondants contre un :

Les différents groupes d’âge ne tiennent cependant pas tous le même discours. Les Canadiens plus jeunes ont moins tendance à penser que l’on doive accorder la priorité à l’économie dans le secteur du transport maritime, même après la récession causée par la pandémie. En revanche, les Canadiens de 45 ans et plus sont beaucoup plus susceptibles de favoriser l’économie dans un contexte de rétablissement après la pandémie.

3e partie : La perception du public quant à la réglementation maritime et sa supervision

Les autorités de réglementation tenues en bonne estime, mais la moitié des répondants croient qu’elles pourraient en faire davantage

La plupart des Canadiens (71 %) font confiance, dans une certaine mesure, aux règles de sécurité et à la réglementation encadrant les activités de transport maritime dans les eaux canadiennes, bien qu’une minorité assez importante (29 %) déclare avoir peu ou pas du tout confiance en ce cadre réglementaire.

D’une part, les résidents de la Colombie-Britannique et de l’Ontario sont les plus susceptibles d’être sceptiques face aux règles de sécurité en vigueur dans le secteur du transport maritime. À peine plus du tiers (34 % et 36 % respectivement) déclarent qu’ils ne sont pas très confiants ou pas confiants du tout à cet égard. D’autre part, les Albertains sont à moitié moins susceptibles d’être préoccupés par la question que la moyenne nationale. En effet, seulement 14 pour cent d’entre eux expriment des doutes sur la question de la sécurité.

Lorsqu’on demande aux répondants d’évaluer la performance de divers organismes impliqués dans la sécurité du transport maritime, les réponses sont davantage positives que négatives, bien qu’elles varient considérablement en fonction des organismes et qu’on puisse noter un important niveau d’incertitude.

Les trois quarts des Canadiens (77 %) estiment que la Garde côtière canadienne fait un bon travail lorsqu’il est question de contribuer à un transport maritime sûr, tandis qu’une faible minorité de 5 pour cent exprime le contraire. À l’inverse, un répondant sur trois (34 %) désapprouve la manière dont le gouvernement fédéral gère la sécurité maritime, bien que le nombre de ceux qui estiment que le gouvernement fait un bon travail soit plus élevé (47 %). La manière dont le public perçoit l’industrie du transport maritime se situe quelque part entre les deux : trois répondants sur cinq (62 %) croient qu’elle fait un bon travail et 17 pour cent ne sont pas satisfaits de sa contribution en matière de sécurité.

* Ce choix de réponse a été montré aux résidents de la C.-B., de l’Ont., du Qc et de l’Atlantique. Les résidents de l’Alb., de la Sask. et du Man. ont vu le choix de réponse suivant : « les gouvernements provinciaux »

Les répondants devaient également évaluer deux politiques particulières : les organismes d’intervention, un règlement spécifiant que les opérateurs de navires doivent posséder une entente avec un organismes d’intervention en cas de déversement, et les pilotes maritimes, une politique selon laquelle les navires opérant dans certains secteurs des eaux canadiennes doivent employer des pilotes maritimes brevetés ayant une connaissance des cours d’eau locaux pour les guider à l’entrée et à la sortie des ports. Dans les deux cas, au moins deux répondants sur trois estiment que ces politiques augmentent la sécurité du transport maritime (consultez les tableaux détaillés).

Malgré ces impressions favorables, la moitié des Canadiens croient que le gouvernement ne fait pas assez d’efforts dans la gestion des procédures de sécurité et des politiques mises en place. Un nombre presque égal (48 %) croit que le gouvernement devrait accorder plus d’attention à la surveillance et à l’application de ces politiques. Pour chaque option, moins de 10 pour cent des répondants affirment que le gouvernement en fait trop.

Comme lorsqu’il est question du transport de pétrole et de GNL dans certaines voies navigables canadiennes, les résidents du Québec, de l’Ontario et de la Colombie-Britannique sont ceux qui expriment le plus d’inquiétude face aux procédures de sécurité en place et leur application :

4e partie : L’indice de confiance sur le transport maritime

Afin de mieux comprendre les différents points de vue sur le transport maritime au Canada, les chercheurs de l’Institut Angus Reid ont mis au point un indice reposant sur des variables relatives aux perceptions générales à l’égard de l’industrie et du rôle qu’elle joue dans le secteur économique, le commerce international et la protection environnementale. De plus amples renseignements sur la méthodologie sont disponibles à la fin de ce rapport.

L’Indice de confiance sur le transport maritime comprend trois groupes: les partisans du transport maritime, les modérés maritimes et les opposants prudents au transport maritime.

Les partisans du transport maritime (32 %) perçoivent l’industrie comme jouant un rôle « très important » ou « d’une importance capitale », autant au sein de l’économie fédérale que de leur économie provinciale et du commerce international. Ce groupe accorde une priorité plus élevée aux considérations économiques du transport maritime qu’aux risques environnementaux.

Les modérés maritimes (37 %), comme leur nom l’indique, constituent le centre idéologique entre les deux autres groupes. Bien qu’ils soient confiants envers la sécurité et la réglementation en vigueur dans l’industrie, les modérés sont divisés sur d’autres aspects liés au transport maritime au Canada, notamment la question du transport de pétrole dans les eaux canadiennes et l’image du Canada comme nation maritime.

Parmi les trois groupes, on note un taux de scepticisme plus présent chez les opposants prudents au transport maritime (31 %), lorsqu’il est question de l’importance de l’industrie et de sa sécurité générale. Ce groupe se définit par un niveau de préoccupation élevé par rapport au transport maritime de produits pétroliers dans les eaux canadiennes et une inquiétude que le gouvernement n’accorde pas assez d’attention à la sécurité et à l’application des règles de sécurité.

Ces différences sont illustrées dans les graphiques ci-dessous :


Qui appartient à chaque groupe?

En examinant l’Indice sur un plan régional, on peut observer des tendances semblables ayant été soulignées plus tôt dans ce rapport. La région de l’Atlantique et la province de l’Alberta ont le plus grand nombre de partisans du transport maritime. En effet, près de la moitié des résidents de ces régions font partie de ce groupe. En revanche, les résidents du Québec sont beaucoup plus susceptibles de faire partie du groupe des opposants prudents :

Comme souligné plus tôt, les groupes de l’Indice sont grandement définis par la priorité qu’ils accordent aux aspects suivants de l’industrie du transport maritime : l’aspect économique et les risques environnementaux. En répartissant les Canadiens par tranche d’âge à travers l’Indice, on peut noter des différences entre les générations sur le sujet. En effet, le nombre d’opposants prudents diminue avec l’âge et l’inverse se produit pour les partisans du transport maritime:

Un centre incertain

Le groupe des modérés maritimes, légèrement plus large que les deux autres groupes, révèle que le transport maritime n’est pas un enjeu fondamental auquel les Canadiens réfléchissent trop. Pour citer un exemple, les modérés constituent le groupe qui est le plus porté à ne pas être certain lorsqu’on leur demande si le gouvernement accorde assez d’attention aux politiques de sécurité en matière de transport maritime.

Les modérés ont également tendance à avoir un point de vue partagé sur les enjeux connexes examinés. Par exemple, ils sont presque également divisés sur la question de permettre le transport de gaz naturel liquéfié dans les eaux canadiennes (56 % sont en faveur, 44 % s’y opposent), alors que les deux autres groupes sont moins divisés sur la question.

Il est également intéressant de constater que les modérés sont bien à l’image de leur nom, comme plus des trois quarts d’entre eux (78 %) déclarent être « moyennement » pour ou contre certaines idées, et non pas « fortement » pour ou contre. Cette tendance se répète sur plusieurs questions. Dans un même ordre d’idées, ce groupe est moins enclin que celui des partisans à associer le transport maritime à des mots positifs comme « essentiel », mais il est également moins enclin que le groupe des opposants à l’associer à des mots négatifs comme « polluant ».

En tenant compte de tout cela, il semble que les modérés maritimes, qui représentent une minorité importante de Canadiens, peuvent être davantage influençables lorsqu’il est question de leurs idées et opinions sur le transport maritime. Tel qu’indiqué précédemment, une majorité d’entre eux (57 %) voient un équilibre entre le côté économique du transport maritime et les risques environnementaux encourus. C’est donc le groupe le plus susceptible d’être ouvert à l’idée de considérer une opinion plus ancrée d’un côté ou de l’autre.

Notes concernant la méthodologie

L’Indice de confiance sur le transport maritime se fonde sur les réponses des participants à six questions, comprenant dix variables différentes. Un pointage a été accordé aux questions liées à :

  • La perception générale du transport maritime
  • L’importance de l’industrie pour l’économie nationale et le commerce international
  • L’importance de l’industrie pour l’économie de leur province
  • L’évaluation de la sécurité des navires naviguant dans les eaux canadiennes

Des points ont été attribués à chaque opinion positive et inversement, omis ou soustraits lorsque les répondants exprimaient une opinion négative, afin que nos chercheurs puissent les regrouper en fonction de la similarité de leurs réponses. Les valeurs assignées aux répondants variaient d’un minimum de -22 points à un score maximal de 25 points, aboutissant à la création de trois groupes de tailles relativement égales.

Pour accéder aux résultats par âge, genre, région, éducation et autres éléments démographiques, cliquez ici.

Pour accéder aux résultats par tranches d’âge plus détaillées, cliquez ici.

For the English version of this report, click here.

Image – StockStudio

MEDIA CONTACTS:

Shachi Kurl, President, Angus Reid Institute: 604.908.1693 shachi.kurl@angusreid.org @shachikurl

Paul Blomerus, Executive Director: 604.408.1648, Ext. 104 paul.blomerus@clearseas.org


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