Les Canadiens considèrent que le rôle du transport maritime revêt une importance croissante, malgré les débats actuels sur le commerce et les oléoducs

Les Canadiens considèrent que le rôle du transport maritime revêt une importance croissante, malgré les débats actuels sur le commerce et les oléoducs

Plus de neuf répondants sur dix estiment que le transport maritime est « habituellement sûr », mais plusieurs éprouvent quelques réserves lorsqu’il est question du transport maritime du pétrole


Le 6 décembre 2018 – La vaste majorité des Canadiens croient que le transport de marchandises par voie maritime est sécuritaire et la plupart déclarent que l’importance du transport maritime augmente, en cette ère où les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis sont teintées d’incertitude.

Ce sont les résultats principaux d’une nouvelle enquête d’opinion menée par l’Institut Angus Reid en association avec le Centre pour le transport maritime responsable Clear Seas. Cette nouvelle enquête d’opinion publique s’ajoute à une étude de référence évaluant l’attitude des citoyens à propos de l’industrie du transport maritime, réalisée en mars 2016.

Aujourd’hui, le peuple canadien accorde plus d’importance au transport maritime qu’il ne le faisait il y a quelques années. Comparativement à 2016, un plus grand nombre de personnes déclarent maintenant que cette industrie est d’une « importance capitale » pour l’économie canadienne, l’accès aux marchandises provenant d’autres pays et la capacité du Canada à exporter ses marchandises vers d’autres marchés.

Cependant, tout comme en 2016, les Canadiens demeurent préoccupés envers de possibles déversements de pétrole ou de carburant, malgré qu’ils évaluent le transport maritime comme étant habituellement sécuritaire et bien réglementé.

Les habitants de la Colombie-Britannique sont généralement les plus préoccupés de la sécurité du transport de produits pétroliers dans les eaux canadiennes, tandis que ceux de l’Alberta et de l’Atlantique sont les plus confiants, ce qui reflète possiblement le rôle important du secteur des ressources naturelles au cœur de ces provinces.

Autres conclusions principales :

  • Une très grande majorité de Canadiens (94 %) croient que l’industrie du transport maritime est soit « très sûre » (30 %) ou « habituellement sûre » (64 %).
  • Un nombre bien inférieur de répondants – mais tout de même majoritaire – déclarent être « très » (18 %) ou « assez » (43 %) confiants envers à la sûreté du transport maritime de produits pétroliers (pourcentage global de 61 %).
  • Les déversements pétroliers sont toujours au sommet des préoccupations. En effet, plus de la moitié des Canadiens (54 %) mentionnent que la possibilité de tels incidents est un risque majeur associé à l’industrie du transport maritime.
  • Cette inquiétude pourrait être la conséquence d’une surestimation du nombre de déversements ayant eu lieu au Canada au cours de la dernière décennie. Lorsqu’on présente aux répondants la définition officielle du terme « déversement majeur » (une fuite de 700 tonnes de pétrole ou plus, ce qui équivaut plus ou moins au tiers du volume d’une piscine olympique), la plupart des Canadiens (68 %) estiment qu’au moins 3 déversements d’une telle sorte avaient eu lieu au cours des 10 dernières années. En fait, la réponse correcte est zéro (seulement 11 % des Canadiens ont donné la bonne réponse).
  • Les trois quarts des Canadiens (75 %) déclarent être confiants face aux règles et réglementations couvrant le transport maritime dans les eaux canadiennes aujourd’hui. Cela représente une hausse de 10 points par rapport à 2016.
  • Cependant, plusieurs Canadiens estiment que les gouvernements (provincial et fédéral) accordent trop peu d’attention à la sécurité du transport maritime (46 % disent cela) ou à la supervision et à l’application de ces politiques de sécurité (45 %).

L’Institut Angus Reid (ARI) a été fondé en octobre 2014 par le Dr. Angus Reid, enquêteur et sociologue. ARI est une fondation de recherche nationale sur l’opinion publique sans but lucratif et non partisane, créée afin de faire progresser l’éducation par la commission, la réalisation et la diffusion de données statistiques impartiales et accessibles au public sur des sujets tels l’économie, les sciences politiques, la philanthropie, l’administration publique, les affaires domestiques et internationales, ainsi que d’autres enjeux socioéconomiques importants au Canada et son peuple.

Le Centre pour le transport maritime responsable Clear Seas est un organisme indépendant à but non-lucratif qui vise à informer le public et les décideurs politiques sur le transport maritime au Canada au moyen d’études impartiales fondées sur des données probantes. Ces études couvrent les risques encourus, les mesures correctives, ainsi que les meilleures pratiques pour un transport maritime sûr et durable. La vision de Clear Seas d’un transport maritime sûr et durable est holistique et englobe les effets environnementaux, sociaux et économiques de l’industrie du transport maritime. Clear Seas a été officiellement établie en 2015 afin de devenir une source de premier plan d’information fondée sur les faits à propos du transport maritime sûr et durable au Canada.

INDEX:

1re partie : L’importance du transport maritime

  • Selon les Canadiens, l’importance de cette industrie est croissante

  • L’impression générale sur le transport maritime demeure assez constante

2e partie : La perception du public quant à la sûreté du transport maritime

  • Une très grande majorité de Canadiens croient que le transport maritime est sécuritaire

  • Le risque de déversements se retrouve en tête des préoccupations liées à la sécurité

  • La contribution économique par rapport aux risques environnementaux

  • La confiance envers la sûreté du transport maritime du pétrole demeure élevée

3e partie : La perception du public quant à la réglementation maritime et sa supervision

  • Les autorités de réglementation tenues en bonne estime

  • Y a-t-il lieu d’en faire davantage?

1re partie : L’importance du transport maritime

Selon les Canadiens, l’importance de cette industrie est croissante

Lorsque l’Institut Angus Reid (ARI) et le Centre pour le transport maritime responsable Clear Seas ont demandé en 2016 aux Canadiens si l’importance du transport maritime au Canada avait augmenté ou diminué au cours des 15 ou 20 dernières années, la réponse était plutôt ambivalente. Quatre répondants sur dix (43 %) déclaraient que l’industrie avait une importance grandissante, alors qu’environ la moitié (47 %) déclaraient que son importance était restée « à peu près la même ».

2 années et demie plus tard, les réponses à cette même question sont bien différentes. Une bonne majorité (55 %) déclarent maintenant que le transport maritime est devenu plus important au Canada, au cours des deux dernières décennies, tandis que moins d’une personne sur trois (31 %) déclare que la pertinence de l’industrie est restée environ la même.

Alors que l’attitude des Canadiens envers beaucoup d’autres aspects du transport maritime est demeurée stable depuis 2016, leur opinion a changé de manière radicale sur ce point.

Plus de huit Canadiens sur dix déclarent que le transport maritime est soit « d’une importance capitale » ou « très important », lorsqu’il est question de la capacité du Canada à faire l’exportation de marchandises canadiennes vers d’autres marchés. Ceci constitue une légère augmentation globale par rapport aux résultats de 2016 (alors que 77 % avaient choisi une de ces deux réponses), mais surtout une augmentation de 11 points de pourcentage de ceux ayant déclaré que le transport maritime était « d’une importance capitale » pour l’exportation :

Il est possible de noter une augmentation comparable du nombre de Canadiens considérant le transport maritime comme étant « d’une importance capitale » lorsqu’il est question de l’impact de cette industrie sur l’accès du Canada aux marchandises d’autres pays, de son impact sur les collectivités côtières et sur l’économie canadienne globale :

Bien qu’une large majorité de répondants à travers le pays croient que le transport maritime est important pour les collectivités côtières, il est intéressant de constater que ce point de vue est le plus souvent partagé par ceux qui n’habitent pas en région côtière. Dans les Prairies, soit l’Alberta, la Saskatchewan et le Manitoba, 85 pourcent estiment que le transport maritime est d’une importance capitale ou très important pour les villes et villages à proximité de l’océan. Au Québec, ce pourcentage diminue à 69 %, mais il est toujours majoritaire (Pour plus d’information, veuillez consulter les tableaux détaillés).

Les résidents de la C.-B. et de l’Atlantique sont parmi ceux qui sont les plus susceptibles de déclarer que le transport maritime est d’une grande importance pour leurs communautés, de même que pour l’économie de leurs provinces. Cet avis est partagé par les Albertains, ce qui pourrait surprendre. En effet, une grande majorité d’entre eux voient le transport maritime comme étant d’une importance capitale ou très important pour les communautés où ils habitent.

Dans le même ordre d’idées, les Albertains sont parmi ceux étant les plus susceptibles de déclarer que le transport maritime est un élément-clé de leur réalité quotidienne. Ils devancent ainsi les résidents de l’Ontario, la C.-B. et le Québec de plusieurs points de pourcentage sur cette question :

L’impression générale sur le transport maritime demeure assez constante

Tel que mentionné précédemment, cette perspective d’une industrie du transport maritime à l’importance grandissante s’accompagne de certaines autres constatations cohérentes à propos d’autres aspects plus généraux de l’industrie.

Plus de huit répondants sur dix (85 %) ont une image générale soit « très positive » ou « assez positive » du transport maritime, un pourcentage resté statistiquement inchangé par rapport à 2016 (où 86 % exprimaient une opinion positive).

La Colombie-Britannique et le Québec démontrent l’impression négative envers le transport maritime la plus prononcée (quoi qu’elle soit bien loin d’être partagée par la majorité), correspondant à un répondant sur cinq pour ces deux provinces :

L’image positive continue du transport maritime est accompagnée d’idées concordantes à propos de l’héritage maritime du Canada. Environ la moitié des Canadiens (52 %) identifient « beaucoup » ou « assez » l’image du Canada en tant que nation maritime, ce qui représente une légère baisse depuis 2016 (alors que 58 % d’entre eux déclaraient ceci).

Cela dit, le changement le plus notable entre les deux versions de cette étude, sur la question du Canada étant une nation maritime, se retrouve dans les pourcentages du milieu, alors que ceux exprimant des positions extrêmes restent les mêmes :

Tout comme en 2016, les habitants des régions côtières, ainsi que les hommes et ceux âgés de 55 ans ou plus, sont beaucoup plus susceptibles d’identifier le Canada comme étant une nation de navigation maritime (Pour plus d’information, veuillez consulter les tableaux détaillés).

Cette vision largement positive de l’industrie du transport maritime au Canada – et son importance perçue – repose peut-être sur une évaluation incorrecte de la part des répondants, qui continuent de surévaluer le pourcentage du commerce total du Canada étant effectué par voie maritime.

En effet, devant estimer le pourcentage de biens de consommation importés arrivant au pays par navire, la moyenne des Canadiens estiment environ 67 pourcent. Lorsqu’il est question du pourcentage du commerce total – importations et exportations – effectué par navire, ils estiment un pourcentage comparable de 64 pourcent. Ces estimations sont plus élevées qu’une évaluation de 2017 démontrant qu’environ 20 pourcent de la valeur totale du commerce du Canada est transportée par navire.

La grande majorité des Canadiens (83 %) croient qu’au moins la moitié des produits qu’ils utilisent quotidiennement ont été – à un certain moment – transportés par navire :

2e partie : La perception du public quant à la sûreté du transport maritime

Une très grande majorité de Canadiens croient que le transport maritime est sécuritaire

En raison de l’image très positive que les Canadiens se font de l’industrie du transport maritime, il n’est pas surprenant qu’une grande majorité d’entre eux (94 %) croient que le transport maritime est « très sûr » ou « habituellement sûr ».

Le résultat total reste inchangé depuis 2016, mais le pourcentage de ceux qualifiant le transport maritime de  « très sûr » a augmenté de 9 points :

Il ne faudrait pas interpréter à tort ce sentiment général de sécurité comme étant une certitude que l’industrie du transport maritime ne comporte aucun risque.

Le risque de déversements se retrouve en tête des préoccupations liées à la sécurité

En effet, lorsqu’on leur demande de noter leurs inquiétudes face à cette industrie, plus de la moitié des Canadiens citent la possibilité de déversements de pétrole (54 %) ou de carburant (51 %).

Les préoccupations relatives à la sécurité des produits du pétrole seront examinées en détail plus loin dans le présent rapport. Pour le moment, il est intéressant de noter que la question des menaces possibles à la sécurité était premièrement abordée sur l’aspect du transport maritime en général, bien avant que l’on demande aux répondants de penser spécialement au transport de pétrole et de gaz. Ceci peut suggérer que ces inquiétudes sont très présentes à l’esprit des Canadiens, même s’ils jugent que l’industrie est généralement sécuritaire.

Le graphique ci-dessous résume d’autres enjeux relatifs à la sécurité qui préoccupent les Canadiens.

La contribution économique par rapport aux risques environnementaux

Outre la possibilité de déversements, les plus grandes préoccupations de plusieurs Canadiens concernant la sécurité du transport maritime sont liées au milieu naturel, allant des menaces d’extinction de la vie marine (une préoccupation pour 46 % d’entre eux) à la pollution de l’eau ou de l’air (45 % et 25 % respectivement).

Pour la plupart des Canadiens, ces risques environnementaux ne sont pas plus importants que la contribution économique de l’industrie du transport maritime au pays. Les répondants devaient évaluer ces propositions sur une échelle de 1 à 5, où 1 signifiait que la contribution économique « était beaucoup plus importante » que les risques environnementaux et où 5 signifiait le contraire. Le chiffre 3 exprimait la conviction d’un « équilibre de 50/50 » entre ces deux points de vue.

Bien que la moitié des Canadiens (49 %) se situent au milieu de cette échelle, un nombre d’individus considérablement plus élevé partagent le point de vue que la contribution économique l’emporte sur les risques environnementaux, tel que nous pouvons l’observer dans le graphique suivant :

L’impression que la contribution économique de l’industrie du transport maritime au Canada est plus importante que les risques environnementaux encourus est restée relativement constante depuis 2016. En effet, selon l’étude de 2016, 31 pourcent penchaient vers le côté économique de l’échelle d’évaluation et 14 pourcent vers le côté environnemental, tandis que 55 pourcent se retrouvaient au centre.

Le pourcentage de Canadiens croyant que les risques environnementaux sont plus importants que la contribution économique a légèrement augmenté, principalement en raison des habitants du Québec qui sont – en 2018 – plus enclins à choisir l’aspect environnemental que celui de l’économie :

La raison précise pour laquelle les résidents du Québec sont maintenant davantage sensibilisés aux facteurs environnementaux reste ambiguë. Les répondants d’aucune autre région n’ont changé de point de vue sur cette question entre 2016 et 2018.

On a également demandé aux Canadiens d’utiliser la même échelle pour évaluer le risque environnemental et la contribution économique de plusieurs autres industries, dont le camionnage routier, le transport ferroviaire, les services d’électricité et l’industrie pétrolière. Les réponses des Canadiens varient, comme l’illustre le graphique suivant.

Les Canadiens considèrent le transport ferroviaire et les services d’électricité comme étant plus importants au niveau économique que préoccupants sur le plan environnemental. Cependant, ils estiment que la menace environnementale est plus grande lorsqu’il est question de l’industrie pétrolière (39 % disent que les risques sont plus importants, contre 28 % déclarant que les contributions économiques l’emportent, tandis que 34 % croient que la balance entre les deux côtés est assez juste).

Sur ce dernier point, l’Alberta représente une exception notable, puisque 57 pourcent de ses répondants déclarent que la contribution économique est plus importante que les risques environnementaux.

(Veuillez noter que le questionnaire utilisait des termes génériques lorsqu’il était question de camionnage ou de transport ferroviaire, sans poser de question précise sur le transport de pétrole par ces méthodes d’expédition.)

L’opinion à propos du camionnage, du transport ferroviaire et des services d’électricité varie moins par région que celle sur le transport maritime et l’industrie pétrolière (pour plus d’information, veuillez consulter les tableaux détaillés).

La confiance envers la sûreté du transport maritime du pétrole demeure élevée

Malgré le sentiment général que les risques environnementaux encourus par l’industrie pétrolière sont plus importants que ses avantages économiques, une majorité de Canadiens sont confiants quant à la sûreté du transport maritime de produits pétroliers dans les eaux canadiennes. Six répondants sur dix (61 %) se disent « très » (18 %) ou « assez confiants » (43 %) à ce sujet, le total global demeurant pratiquement inchangé depuis 2016.

L’Alberta (80 %) et la région de l’Atlantique (71 %) – dans laquelle se retrouve approximativement 85 pourcent du trafic de navires pétroliers au Canada – ont le plus confiance en la sûreté du transport de pétrole et de gaz, alors que l’opinion des habitants de la C.-B. est partagée presque à égalité entre la confiance et les préoccupations :

Lorsqu’on leur demande s’ils sont en faveur ou non d’une augmentation du trafic de navires pétroliers vers la côte sud de leur province, la plupart des habitants de la Colombie-Britannique (57 %) manifestent leur opposition. Ce point de vue est également partagé par 51 pourcent des Québécois – le seul autre groupe régional où l’opposition à une augmentation du trafic de pétroliers au sud de la C.-B. atteint plus de 50 pourcent.

Cette conclusion est intéressante à noter, car les enquêtes précédentes d’ARI ont démontré que les Britanno-Colombiens étaient susceptible d’être plus en faveur du projet d’expansion de l’oléoduc TransMountain que de s’y opposer, malgré que ce projet serait pourtant responsable d’une augmentation de trafic de navires pétroliers le long de la côte sud de la C.-B.

Autre fait intéressant : les habitants de la C.-B. sont plus disposés à permettre le transport de pétrole brut le long de la côte nord de leur province que les résidents de toute autre région, à l’exception de l’Alberta. Partout ailleurs, une petite majorité ou plus serait en faveur d’une interdiction, qui faisait d’ailleurs partie du programme électoral libéral en 2015; ce projet de loi fut adopté à la Chambre des communes et a récemment été soumis au Sénat pour un examen législatif additionnel :

L’écart entre la C.-B. et le Québec – qui sont pourtant les deux provinces aux positions les plus alignées lorsqu’il est question de s’opposer à l’expansion du secteur des ressources naturelles et de soutenir les initiatives environnementales – se reproduit sur un autre enjeu : celui du transport de gaz naturel liquéfié (GNL) dans les eaux canadiennes.

Le GNL est transporté dans les eaux canadiennes dans l’Atlantique depuis plusieurs années. En général, six Canadiens sur dix (62 %) sont en faveur du transport maritime de GNL et le même pourcentage ou plus donne son soutien dans chaque région, à l’exception du Québec, où 54 pourcent s’y opposent :

Le soutien envers toutes les propositions relatives au transport maritime de produits pétroliers examinées au cours de cette enquête a augmenté depuis 2016, au moins légèrement. Cela comprend le soutien envers une augmentation du transport maritime dans plusieurs régions, mais aussi le soutien envers les moratoires contre le transport maritime dans d’autres régions, comme on peut l’observer dans le tableau suivant :

En plus des différences régionales discutées précédemment, il existe un écart prononcé entre les sexes sur ces questions. Les hommes sont beaucoup plus sujets à exprimer leur soutien envers le transport accru du pétrole que les femmes, qui sont quant à elles plus sujettes à soutenir les deux types d’interdiction de transport de produits pétroliers présentés dans le sondage.

On pouvait remarquer cette différence entre les hommes et les femmes en 2016, mais elle s’est accentuée en 2018, principalement sur les questions relatives aux interdictions. En effet, le taux de soutien des femmes envers les moratoires est d’au moins 12 points de pourcentage plus élevé que celui des hommes (comparativement à un écart de 4 et 7 points respectivement, en 2016).

Paradoxalement, malgré la confiance soutenue des Canadiens – ainsi que leur soutien accru – envers le transport de pétrole dans les eaux canadiennes, les gens continuent de surestimer le nombre de déversements majeurs ayant eu lieu au pays au cours des 10 dernières années.

Tout comme c’était le cas lors de la première version de cette enquête, les répondants avaient accès à la définition du terme « déversement majeur » de l’ITOPF (International Tanker Owners Pollution Federation), soit qu’un tel déversement consiste en une fuite de 700 tonnes ou plus, équivalant au tiers du volume d’une piscine olympique. Bien que plusieurs petits déversements et fuites aient eu lieu au cours de la dernière décennie, aucun d’entre eux n’étaient assez importants pour être considérés « majeurs ».

À peine un répondant sur dix (11 %) a correctement identifié ce nombre, alors que la majorité des Canadiens estimaient qu’au moins un déversement majeur avait eu lieu au cours des 10 dernières années. En effet, les deux tiers des Canadiens (68 %) croient que trois déversements ou plus ont eu lieu au cours de cette période.

3e partie : La perception du public quant à la réglementation maritime et sa supervision

Les autorités de réglementation tenues en bonne estime

Toujours dans le domaine des évaluations positives de la sécurité maritime, autant de manière générale que pour le transport du pétrole, la plupart des Canadiens s’avouent confiants envers les règles de sécurité et les réglementations couvrant le transport maritime dans leur pays.

Les trois quarts des Canadiens (75 %) se disent être « très » ou « assez » confiants face à ces règlements, avec une majorité ayant choisi la seconde option, tel qu’indiqué dans le tableau suivant :

Une majorité de la population de chaque région au pays exprime de la confiance envers les réglementations couvrant le transport maritime, dépassant les 70 pourcent partout sauf en Colombie-Britannique, où 62 % se disent être au moins un peu confiants à ce sujet :

Cette confiance envers les réglementations couvrant le transport maritime semble également s’étendre aux organismes de réglementation en charge de l’élaboration et de l’application de ces règles.

À une question portant sur les différentes autorités responsables de la sûreté en milieu marin, plus de la moitié des Canadiens ont répondu que chacun d’entre eux faisait un « bon travail ». Le gouvernement fédéral est l’autorité la plus critiquée : le tiers des Canadiens (33 %) estiment qu’il fait un mauvais travail sur les réglementations couvrant le transport maritime. Paradoxalement, 67 pourcent déclarent que les organismes et ministères fédéraux spécifiques présentés font pourtant un bon travail, alors que seulement 18 pourcent estiment qu’ils font un mauvais travail.

Le pourcentage de Canadiens estimant que toutes les autorités nommées font un bon travail a augmenté depuis 2016. L’augmentation la plus élevée est face à l’industrie du transport maritime (16 points de pourcentage) et l’administration des ports du Canada (+ 12). Tout comme en 2016, les hommes et les répondants plus âgés sont davantage sujets à donner une évaluation positive de chacune des autorités nommées (pour plus d’information, veuillez consulter les tableaux détaillés).

Autre augmentation intéressante à noter par rapport à l’enquête de 2016 : les répondants ont davantage l’impression que deux politiques particulières augmentent la sécurité maritime au Canada – l’obligation pour les navires opérant dans les eaux canadiennes d’être guidés par des pilotes maritimes brevetés pour rejoindre ou quitter les ports, ainsi que l’obligation de posséder un contrat avec un organisme d’intervention certifié en cas de déversement de pétrole ou de carburant (le pollueur étant responsable des frais de nettoyage). Veuillez noter que la description de ces deux politiques avait été légèrement modifiée afin d’en améliorer la clarté (vous pouvez avoir accès au questionnaire de 2018 ici et à celui de 2016 ici).

Aujourd’hui, six répondants sur dix (60 %) estiment que la réglementation de posséder un contrat avec un organisme d’intervention augmente la sécurité du transport maritime au Canada (une hausse par rapport au 44 % obtenu en 2016) et presque trois personnes sur quatre (74 %) disent la même chose à propos de la réglementation sur les pilotes maritimes (était précédemment à 63 %).

Bien entendu, la plupart des Canadiens ne connaissent pas particulièrement bien les spécificités des lois régissant l’industrie du transport maritime dans leur pays. C’est pourquoi le questionnaire utilisé dans le cadre de cette étude souhaitait expliquer certaines politiques, dont celles mentionnées au tableau précédent. (Vous pouvez lire le questionnaire complet ici.)

Dans ce même ordre d’idées, six Canadiens sur dix (60 %) déclarent ne pas connaître le Plan de protection des océans du gouvernement fédéral – un programme-cadre visant à protéger les milieux marins côtiers et les cours d’eaux du pays tout en soutenant la croissance économique. Seulement un Canadien sur sept (14 %) déclare avec certitude avoir déjà entendu parler du programme.

Les Canadiens ont tendance à percevoir ce programme de manière positive, après qu’il leur ait été expliqué, tout comme ils perçoivent positivement les règlements relatifs au transport maritime en général. Près des trois quarts (73 %) déclarent faire « une grande confiance » ou assez confiance au Plan de protection des océans, avec une grande majorité (57 %) disant lui faire assez confiance.

Il est intéressant de noter que le niveau de confiance est le plus bas en Colombie-Britannique, mais le plus haut au Québec. Il s’agit d’un autre point de divergence entre les deux provinces, qui partagent pourtant souvent la même opinion.

Y a-t-il lieu d’en faire davantage?

Malgré la bonne impression des Canadiens envers la sécurité du transport maritime et des réglementations qui lui sont associées, ils croient toujours que des améliorations pourraient être apportées.

Lorsque nous leur demandons si le gouvernement porte la bonne quantité d’attention à cet enjeu, autant au niveau des politiques et procédures mises en place qu’à l’application de ces réglementations, la moitié des Canadiens répondent négativement. Parmi ceux-ci, une grande majorité croit que le gouvernement n’en accorde pas assez :

Les Britanno-Colombiens et les Québécois sont les plus enclins à croire que le gouvernement accorde trop peu d’attention à ces enjeux. Toutefois, l’Alberta est la seule région où le nombre d’habitants estimant que le gouvernement accorde la bonne quantité d’attention au transport maritime dépasse celui de ceux disant le contraire.

Bien que cette tendance s’applique aux deux enjeux présentés, elle est plus prononcée lorsqu’il est question de la supervision et de l’application des politiques de sûreté, tel que démontré dans le graphique ci-dessous. (Pour plus d’information, veuillez consulter les tableaux détaillés.)

Il n’est peut-être pas étonnant de constater que les Canadiens ne faisant pas confiance au cadre réglementaire global de l’industrie du transport maritime (un répondant sur quatre) croient en grande majorité qu’on n’accorde pas assez d’attention à cet enjeu.

En effet, plus de sept répondants sur dix (72 %) parmi ceux-ci sont de cet avis, alors que l’opinion des répondants ayant exprimé leur confiance envers les réglementations de sécurité est plus divisée sur la question du besoin d’accorder plus d’attention au niveau gouvernemental à cet enjeu :

Nous pouvons observer un écart entre les sexes sur la question de la supervision et de l’application des politiques. Les hommes de tous âges croient davantage que le gouvernement accorde la bonne quantité d’attention à la supervision que les femmes de tous âges (38 % contre 22 %). Les femmes sont plus susceptibles de répondre que le gouvernement n’accorde « pas assez d’attention » (48 % contre 41 % des hommes) ou d’indiquer qu’elles ne peuvent pas se prononcer sur la question (25 % contre 16 % des hommes). Cependant, bien peu de répondants de chaque genre (5 %) croient que « trop d’attention » est accordée aux politiques et procédures mises en place pour la sécurité du transport maritime.

MÉTHODOLOGIE :

L’Institut Angus Reid (ARI) a mené une enquête en ligne du 19 au 29 octobre 2018 parmi un échantillon aléatoire représentatif issu d’un groupe de 2 250 adultes canadiens membres du Forum Angus Reid. Le plan de l’étude comprenait des suréchantillons importants en Colombie-Britannique et dans la région de l’Atlantique, qui ont ensuite été pondérés en fonction des données du recensement, afin de reproduire un portrait fidèle de l’opinion nationale. À titre de simple comparaison, un échantillon probabiliste de cette taille avec ce modèle d’échantillon impliquerait une marge d’erreur de +/- 2.5 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Les écarts dans les totaux ou entre eux sont attribuables aux arrondissements. La recherche pour cette étude a été menée en association avec le Centre pour le transport maritime responsable Clear Seas et financée conjointement par ARI et Clear Seas.

Pour accéder aux tableaux complets affichant les résultats par âge, genre, région, éducation et autres éléments démographiques, cliquez ici (en anglais seulement).

For the English version of this report, click here.

MEDIA CONTACTS:

Shachi Kurl, Executive Director, Angus Reid Institute: 604.908.1693 shachi.kurl@angusreid.org @shachikurl

Peter Ellis, Executive Director, Clear Seas: 604.408.1648 peter.ellis@clearseas.org @ClearSeasOrg 

 


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